jeudi 14 août 2014

Ni végétalienne, ni végétarienne, je suis flexitarienne

Quand vous annoncez autour de vous que vous êtes végétarien, les gens vous regardent souvent avec des yeux ronds. On a souvent cette image caricaturale des végétariens, militants extrémistes, écolos jusqu'au-boutistes, vivant presque au fond d'une hutte. Je grossis le trait... encore que, pas tellement. Je sais que certains végétariens et végétaliens s'érigent bien souvent en donneurs de leçon, faisant la morale à tout le monde et traitant d'assassin quiconque oserait manger nos amis les animaux.

Pour autant, j'estime que ces deux catégories de personnes se trompent. Les carnistes se trompent. Les végétariens et végétaliens se trompent. Encore une fois, comme c'est trop souvent le cas, les gens regardent ce qui est différent d'un mauvais œil. Encore une fois, les gens jugent bien vite ce qu'ils ne comprennent pas.

J'estime que chacun est libre de ses choix. Nous avons cette immense chance de vivre dans un pays où nous pouvons faire des choix en toute liberté. Nous ne partageons pas tous les mêmes idées, nous n'avons pas tous le même mode de vie, bref, nous sommes tous différents... et c'est tant mieux, car je pense qu'on s’ennuierait profondément si on était tous semblables.

Je ne me suis jamais permise de faire la leçon à qui que soit. Je n'ai jamais eu la prétention de dire à un tel ou un tel ce qu'il doit penser. Et pourtant, je suis végétarienne... enfin pas totalement... en réalité je suis flexitarienne. Depuis un an, la viande et le poisson ont déserté peu à peu mon assiette, et aujourd'hui je n'en mange quasiment plus, je n'en mange que lorsque je suis au restaurant ou lorsque je suis invitée (en gros, quand je n'ai pas le choix).

Je pense que ce genre de changement doit venir de soi-même et ne peut pas être provoqué par une avalanche de leçons de morale et de grands discours. Je condamne bien assez souvent les lobbys de l'industrie agro-alimentaire (coucou-le-plan-national-nutrition-santé) qui pensent pouvoir nous dicter notre façon de manger, alors hors de question d'adopter les mêmes méthodes ! Et puis, un peu de tolérance n'a jamais fait de mal à personne !

Bon revenons-en à ma petite personne. Depuis mon enfance, j'aime les animaux. Gamine, je voulais être vétérinaire. Aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais été une grande fan de viande ou de possion. J'en ai mangé parce que c'était la norme, sans vraiment me poser de questions, et puis, ça a changé. Mais tout a vraiment commencé il y a un an. Un jour, je me suis retrouvée en arrêt maladie (aka le moment où physiquement tu ne peux pas faire grand chose mais intellectuellement tu te fais royalement chier), et j'ai cherché à m'occuper. 

J'ai donc regardé tout un tas de reportages divers et variés, et je suis tombée sur un reportage sur l’élevage industriel. Bon, je ne suis pas naïve, je savais bien ce qu'il se passait dans les élevages, mais le voir c'est autre chose. J'ai ensuite regardé un autre reportage, puis un autre... Mais, ça ne s'est pas arrêté là. J'ai également regardé des reportages sur la consommation de viande en général. Et le constat a été assez édifiant : on mange beaucoup trop de protéines animales. Il suffit de s'intéresser à la Chine pour s'en convaincre : une partie de la population s'occidentalise et a changé son mode d'alimentation faisant la part belle à la viande. Résultat : les Chinois développent des maladies qu'ils ne développaient pas avant.

En y réfléchissant bien, ça parait logique. La modération est la clé de tout. La sur-abondance ne peut être que néfaste. Partant de ce constat, j'ai décidé de réduire ma consommation de protéines animales. Pendant une dizaine de mois, j'ai alterné repas carnés et repas végétariens, en essayant de faire attention à la provenance des produits carnés.

Puis, au cours de ces derniers mois, les choses ont pris une nouvelle tournure. La viande et le poisson (oui, le végétarisme exclu aussi le poisson... et oui, le poisson ne pousse pas sur les arbres ^^) ne font plus partie de mes courses hebdomadaires. Je suis passée à une alimentation 100% végétarienne, voire parfois végétalienne (mais ça, c'est quand je suis chez moi, je vais y revenir par la suite).

Cela est dû à une overdose de mal-bouffe qui m'a fait prendre conscience de certaines choses. Et puis, au-delà de l'élevage industriel, ce sont les pratiques de l'industrie agro-alimentaire qui m’écœurent au plus haut point (vous reprendrez bien une part de lasagnes de cheval ?). J'ai donc cherché à reprendre un mode de vie plus sain et ai commencé par bannir au maximum les produits industriels de mes placards. Puis, peu à peu, je me suis naturellement tournée vers le végétarisme (attention, je ne dis absolument pas qu'adopter un mode d'alimentation végétarien, c'est adopter un mode de vie plus sain... je parle uniquement de mon expérience personnelle, pas de raccourcis hasardeux !). 

Je me suis énormément documentée sur le sujet. Manger végétarien, c'est manger avec sa tête... oui, c'est sûr, mais on devrait toujours manger avec sa tête peu importe son mode d'alimentation, c'est le meilleur moyen d'éviter les carences. Étant typiquement le genre de nana à être carencée, je me suis donc renseignée et j'ai énormément lu afin que le basculement vers le végétarisme se fasse dans les meilleurs conditions. Je pense qu'on ne devient pas végétarien du jour au lendemain. Il s'agit d'adopter un régime alimentaire différent de la majorité de la population, et ça se prépare. J'ai trouvé ça hyper intéressant, et je ne pensais pas que la cuisine végétarienne était aussi riche. Il y a un an, je pensais encore qu'être végétarien, c'était remplacer son steak par un steak de soja... alors que pas du tout, c'est tellement plus riche que ça ! Au final, je suis certainement moins carencée qu'à l'époque où j'avais une alimentation traditionnelle.

Dans ma lancée, et pour satisfaire ma curiosité, je me suis aussi intéressée à la cuisine végétalienne. Je trouve ça passionnant. J'ai découvert tout un tas d'aliments dont je ne soupçonnais pas l'existence. J'essaye de manger végétalien de temps en temps, puisque dans mon esprit, moins je consommerai de produits d'origine animale, mieux ce sera pour ma petite conscience. 

Mais il me reste un soucis : la vie sociale. J'en ai déjà parlé, mais il est vrai que retirer les lardons de sa quiche lorraine en société, ça n'est pas évident. Dès que je vais au restaurant, dès que je suis invitée, les choses se compliquent. Partant du principe qu'un repas c'est avant tout un moment de convivialité, je fais des entorses à mon végétarisme à ces occasions. J'essaye au maximum d'éviter les produits carnés, mais ça n'est pas toujours facile. D'ailleurs, je regrette que tous les restaurants ne proposent pas des menus végétariens, un peu d'ouverture d'esprit n'a jamais fait de mal à personne.


Je suis donc flexitarienne. Bah oui, on aime faire entrer les gens dans des cases pour leur coller une étiquette sur la figure, donc si la case n'existe pas, et bien elle est créée ! Et ça va faire un an que je suis flexitarienne... mais une flexitarienne en pleine évolution, qui penche de plus en plus vers le végétarisme.

Bref, vous en savez plus sur mon parcours personnel et sur mon rapport au végétarisme. Ce billet avait seulement pour but de vous expliquer quel était exactement mon mode d'alimentation, puisque certaines avaient l'air de s'y intéresser. Le but n'est bien évidemment pas de vous convaincre d'adopter tel ou tel mode d'alimentation. Je ne partage pas les opinions de certaines personnes, et elles ne partagent pas les miennes, et pourtant ça ne nous empêche pas de nous entendre ! 

En revanche, et je finirai par ça, j'ai remarqué le flexitarisme, le végétarisme et le végétalisme avaient le vent en poupe ces derniers temps, un peu comme la tendance "Green" ou la tendance "Healthy". Je le regrette. Je pense qu'on ne devient pas végétarien ou végétalien par mode, on le devient par conviction, mais ça reste mon avis ;-)


****


PS 1 : Si tu as lu ce billet jusqu'au bout, tu as ma reconnaissance éternelle vu qu'il est tout bonnement interminable !

PS 2 : Je trouve que, pour une fois, ça ne tourne pas au "Joyeux Bordel" ! 

PS 3 : Les photos n'ont rien à voir avec le sujet, elles sont là pour rendre la lecture moins chiante plus agréable.

PS 4 : A titre d'information, voici ci-après la liste des billets précédemment publiés et ayant un lien avec le sujet :

13 commentaires:

  1. J'ai tout lu et suis contente d'avoir toute ta reconnaissance! Billet très intéressant et à point nommé car, comme toi, j'ai bien remarqué cette mode du bien ou mieux manger (surtout sur instagram)...d'un côté, c'est plutôt positif mais il ne faudrait pas qu'il y ait une surenchère...(ça commence à me foutre des complexes tout ça!!)
    Me concernant, je mange ce que j'aime...je n'ai jamais été une grande fan de viande car je ne sais pas la faire cuire (reloue!) mais au resto, j'aime en manger de tps en tps...Bon, ça n'arrive que qqfois dans l'année dc ça va...
    Je suis consciente de toutes les horreurs autour des élevages, j'essaie de faire attention à ce que j'achète et privilégie la qualité...même si des fois je craque et j'ouvre une boîte! Je fais de mon mieux!
    Par contre, le gros point positif avec tout cet engouement, c'est que j'ai découvert de nouveaux produits bio et bons comme le gomasio ou le lait végétal (spéciale casdédie à toi!), dc suis plutôt contente!!!!
    Voilà! Si j'ai bien suivi, suis donc aussi flexitarienne et ça me va bien!
    Bonne soirée!

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    1. L'essentiel est de faire les choses de façon à être en accord avec soi-même.
      Effectivement, grâce à l'engouement autour du végétarisme, on découvre plein de choses. Ça serait bien si cet engouement permettait de trouver plus facilement les produits que l'on découvre, parce que la plupart ne sont pas tellement accessibles.

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  2. Purée, l'article de malade
    T'es vraiment douée, t'as une plume : <3
    Pour ce qui est du fond, je ne peux que valider toutes les choses qui sont dites, je me suis pas mal retrouvée. Comme j'en parlais, j'ai supprimé pas mal de choses (le lait de vache, qui, je pensais, me manquerait, et en fait pas du tout quoi !!!!!) (et je le remplace par des laits tellement meilleurs, que finalement : avec un big up de ouf pour le lait d'amande, MY FAVORITE), j'ai pris le goût de cuisiner des salades complètement végés, je mange moins de viande (même si j'en mange quand je vais au restaurant de temps en temps) et c'est fou ce que je me sens mieux. J'apprends à apprécier à cuisiner des aliments qui m'étaient inconnus, j'apprends au delà de consommer bio, à manger de saison. Par exemple, plus de fraises en hiver quoi. C'est important, et j'me sens mieux (oui je l'ai déjà dis, oups)
    Mais avant tout, le faire pour soi, pas pour rentrer dans la catégorie de "trop cool je suis vegan et c'est à la mode ça va faire bien"
    BRAVOOOO pour ton article, encore une fois <3

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    1. Merci, t'es trop gentille <3
      Moi je trouve ce billet dix mille fois trop long ^^
      Tout comme toi, j'ai appris à cuisiner de nouvelles choses. La cuisine végétarienne est tellement variée. Et puis j'ai surtout appris à mieux consommer, à m'informer... Bref, c'est vraiment un tout !

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  3. Ils sont tous sublimes ! Très belle sélection estivale :)
    Bisous ♥

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    1. Je pense que ce commentaire ne concernait pas ce billet ;-)

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  4. Article très intéressant, c'est cool de nous présenter ton parcours! Moi je n'arrive pas encore à être végétarienne, mais j'ai pas mal réduit ma conso de viande ces derniers temps et je m'en porte pas plus mal! ;) Je fais d'ailleurs souvent des journées végétariennes, mais j'ai jamais mangé de viande tous les jours de toute façon! Le plus dur c'est surement avec l'entourage qui ne comprend pas toujours les décisions qu'on prend à titre perso!

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    1. L'entourage n'est pas toujours réceptif... c'est d'ailleurs ce qui m'empêche de passer au végétarisme complet pour le moment... les gens qui louchent sur ton assiette, décryptent ce que tu manges, te font des leçons de nutrition à deux balles c'est lourd !

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  5. Ah si les restaurants proposaient des menus végétariens : LE BONHEUR ! Je finis toujours pas demander une assiette de légumes mais ce n'est pas équilibré...

    Et comme toi, quand je dis aux gens que je suis végétarienne : "ah mais tu manges du poisson quand même ?" "bah non ni viande ni poisson..." "ah tu es végétalienne alors" ...non toujours pas :D Les gens veulent vraiment tout ranger dans des boîtes alors que c'est un sujet que très peu connaissent. Du coup, je finis par expliquer la différence entre ces deux régimes et que je suis plus flexitarienne puisque en société, ça peut m'arriver de manger des lardons (ah notre fameuse quiche lorraine!) !

    Mon commentaire a lui tourné au Joyeux Bordel ^^

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    1. J'avoue que je fais de moins en moins d'entorses à mon végétarisme, parce que je n'ai plus tellement envie d'en faire... alors, oui, je vais passer pour la chieuse désormais ^^ Pas sûre que je sois aussi pédagogue que toi ;-)

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  6. Ça résume assez bien ma pensée. Moi aussi je suis flexitarienne, chez moi pas de chair animal mais lorsque je suis chez mes parents, amis ou au resto je m'autorise à en manger. L'un de mes resto préféré a retiré le seul plat végétarien de sa carte :-( certainement parce qu'il était pas assez commandé..

    Bisou

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    1. Dommage... pour une fois qu'un resto proposait un plat végé !

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  7. Bel article, très intéressant !
    J'envisage aussi des alternatives, pour diminuer ma consommation de viande mais je ne compte pas du tout l'arrêter par contre, j'aurais trop peur d'avoir des carences :)

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