mardi 9 décembre 2014

Faire les choses pour soi

Depuis quelques mois, vous le savez, si vous me lisez régulièrement, je suis devenue végétarienne. Après avoir été une adepte du flexitarisme pendant près d'une année, je me suis décidée à franchir la dernière étape. Tout s'est très bien passé au début. Mes proches se sont vite adaptés à cette situation, mais de toute façon, ma famille proche et mes amis m'acceptent comme je suis. Je n'ai eu donc aucune réflexion désobligeante, ni leçon de morale à deux balles. Les plus curieux ont posé des questions afin d'en savoir plus sur le sujet, les autres s'en fichent royalement et s'adaptent sans poser de questions.

J'ai la chance d'avoir, dans mon entourage, des personnes qui ne me jugent pas et acceptent mes idées même s'ils ne les partagent pas. Parmi les valeurs que l'ont m'a transmises figurent en premier lieu la tolérance et le respect des idées d'autrui. On n'est pas obligé d'être d'accord sur tout et de penser la même chose pour s'entendre. Malheureusement, j'ai vite constaté que ça n'était pas le cas pour tout le monde. Certains collent une étiquette "abruti" sur toute personne ne partageant pas leurs opinions ou leurs convictions.

J'en ai fait les frais encore assez récemment. Après être devenue végétarienne, j'ai dû faire mon "coming out". Si, avec mes proches tout s'est bien passé, avec les autres, ça a parfois été plus compliqué. Je passe désormais aux yeux de certains pour l'originale... Et comme, quand on maitrise mal un sujet, on fait des amalgames, j'en prends pour mon grade. Pour certains, je suis à la limite de partir vivre dans une hutte, vêtue d'une robe en toile de jute, puisant l'eau à même la rivière et me nourrissant de brins d'herbe.

Si, avec les personnes les moins fermées d'esprit on arrive encore à discuter, avec d'autres c'est peine perdue. J'ai eu le droit aux grands discours des pseudos nutritionnistes du dimanche, selon lesquels je risque de mourir de dénutrition dans d'atroces souffrances, pendant qu'eux s'enfilent burgers, pizzas et kebabs à tous les repas. J'ai eu le droit aux grands discours des anthropologues du dimanche selon lesquels je vais contre ma nature, et ça, c'est mal. Et tout ça c'est sans compter les discours moralisateurs, venant de personnes à qui je n'ai rien demandé, selon lesquels ma démarche n'est pas cohérente, qu'il faudrait que je devienne vegan pour avoir une démarche cohérente (non mais, est-ce-que je t'ai demandé si ta grand-mère faisait du vélo ?). J'ai parfois aussi senti du mépris.

Mais tout ça, je m'en fiche. Bien sûr les premiers temps, ça n'a pas été aussi simple. Assumer ses convictions n'est jamais simple. Sortir du troupeau n'est jamais évident. C'est la raison pour laquelle j'ai été flexitarienne un bon moment... jusqu'au jour où je me suis dit qu'il fallait que je fasse les choses pour moi en ne me préoccupant pas de ce que pensent les autres.

J'ai longtemps été sensible au regard que les autres pouvaient jeter sur moi, à l'opinion qu'ils pouvaient avoir de moi. Je n'osais pas faire les choses, sans doute par peur... peur d'être délaissée parce que je passerai pour l'originale. Et puis, je me suis rendue compte que peu importe ce je faisais, il y aura toujours quelqu'un qui n'approuvera pas, qui me jugera, qui prendra pour une originale. Alors, dans ces conditions, autant faire les choses pour soi !

J'ai appris à me détacher du regard des autres. Ça a pris du temps. J'en suis venue à adopter cette phrase de Kurt Cobain comme devise : "Il vaut mieux être détesté pour ce que tu es, plutôt qu'être aimé pour ce que tu n'es pas". Mais j'ai beau me détacher du regard des autres, il y a parfois des moments où je n'y arrive plus (la preuve avec cette dernière expérience), jusqu'au moment où je me dit que je m'en fiche de ce que pensent les autres.

L'essentiel c'est de faire les choses pour soi, d'être en accord avec soi-même, parce que la seule personne qui nous accompagnera tout au long de notre vie c'est nous-même. Alors tâchons d'être celui que nous voulons être et pas celui que les autres aimeraient que l'on soit. Et, comme le disant Steve Jobs, "votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n'est pas la vôtre".

4 commentaires:

  1. Super l'article !! je partage et re re re partage ! je fonctionne comme toi, je vis pour moi, pas pour les autres. Les autres veulent toujours qu'on rentre dans leur zone de confort, alors tu imagines ? on est 7 milliards sur terre, le nombre d'alter ego qu'on doit avoir pour plaire à tout le monde ?

    Bisous :)

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    1. Ça c'est bien vrai, on ne peut pas plaire à tout le monde ! ;-)

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  2. Chouette article ! Je suis végétarienne depuis maintenant 7 ans et malheureusement ce genre de réflexions est toujours mon lot quotidien, alors courage !

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    1. Arf... moi qui pensais que les gens s'habitueraient à mon "originalité" ^^

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